Coeurdepoemes (Poètesse)

Coeurdepoemes (Poètesse)

L’inconnu qui criait famine

Oeuvre de:  ruizjacques.rmc.fr

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L’inconnu qui criait famine

 

 

Je le regardais marcher le long du trottoir ...

Il marchait en regardant les vitrines des magasins

Il s’arrêtait souvent devant une simple vitrine  

Mais s’arrêtait rarement, devant une vitrine de luxe.

 

Vu de dos, l'inconnu ne paraissait pas très vieux !

Je ne voyais pas son visage, mais je regardais sa démarche

Ne voulant pas le dépasser curieusement ...

J'essayais de marcher lentement derrière-lui ! 

 

Il avait l'air si faible, on aurait dit qu'il était malade

Il marchait péniblement, regardant de gauche à droite

Comme s'il cherchait quelqu'un d'important ?

Une personne de sa famille ... sûrement. 

 

Quand je vis entrer l'inconnu dans une boulangerie

Sûrement pour acheter son pain quotidien...

- Ca vous fera deux sous, lui dit la boulangère.

- Je n’aie qu’un sou, répond l’inconnu fatigué.

 

Je suis désolé, mais vous n'avez pas assez d'argent

Je ne peux vous donner votre pain, lui dit la boulangère.

L'inconnu fatigué tourna les talons, puis sortie sans rien dire

Ce jour-là, la boulangère eut oublié son cœur dans le pétrin.

 

- Bonjour Madame. Vous désirez ? Me demande la boulangère.

- Je n’aie besoin de rien, merci. J’ai changé d’avis, je réponds.

Je ressortais alors de la boulangerie écoeuré et l'arme à l'œil

Puis, je devançais cet homme que je ne connaissais pas.

 

De son côté, l’inconnu continuait à marcher le long du trottoir

Tout en regardant tristement les vitrines des magasins

J'accélérais alors le pas et me retrouvais à marcher devant lui

Quand je glissais discrètement la main dans la poche de ma veste.

 

J'avais le cœur qui battait très fort. Quand soudainement ...

Je fis tomber par terre, le seul sou qui me restait dans ma poche

Je l'avais mis de côté le matin, pour acheter mon pain quotidien

‘’Je n’en eus pas besoin, mon estomac ne criait pas famine, il était plein’’.

 

- S’il vous plait Madame, cria l’inconnu affamé.

Me tournant alors vers l'inconnu, il me dit ... 

-  Cette pièce est sûrement tombée de votre poche ?

L’estomac de l'inconnu continuait à crier famine.

 

- Heu non, désolé. Cette pièce n’ait pas à moi, je réponds.

Ne sachant pas quoi faire de la pièce, l'inconnu fut fort ennuyé.

Je lui tournais alors le dos et décidait de rentrer chez moi !

Espérant que l'inconnu garderait la pièce qu’il venait de trouver.

 

Je n’osais me retourner pour voir si l'inconnu rebrousserait chemin

Je me retournais seulement, quand je fus arrivé au coin de la rue

Je venais d'apercevoir l'inconnu entrer dans une boulangerie 

Grâce à ma pièce magique, il a pu acheter de quoi se nourrir.

 

Qu'aurais-je du faire ? Qu’aurais-je pu dire à cet homme affamé ?

Lui tendre ma pièce, en lui disant : tenez c’est pour manger !

Non... j’ai préféré lui donner ma pièce sans qu’il soit gêné …

Je sais, j’ai perdu un sou, le prix d’un pain, quelle importance !

 

Une fois rentré chez moi, je commençais à préparer le dîner

Dés que, je fus assise à table, je contemplais mon assiette pleine

Dans mon assiette, il y avait un bifteck et des pommes de terre

Je fermais alors les yeux et remerciait Dieu pour ce repas.

 

Dans mes pensées, je me voyais donner à manger à cet homme

Je lui donnais une cuillérée pleine. Et prenait une cuillère vide pour moi !

L'estomac de l'inconnu se remplissait, alors que le mien se vidait ...

Mais quelle importance, j’aurais toujours un bifteck dans mon assiette. 

 

 

Hélène FIACHETTI-GILIBERTI

 

Ecrit le jeudi 20 mai 2010



(Mes poèmes présents sur ce site
Restent la propriété exclusive de leur auteur)
 

 



21/05/2010
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